Prendre sa place – L’histoire d’Hélène  

Quand elle est venue me voir, Hélène souffrait d’une difficulté à prendre sa place, en particulier dans sa famille. Elle avait tendance à ne pas trop s’affirmer et même si elle se sentait en désaccord, elle hésitait à l’exprimer, comme si elle n’avait vraiment pas droit au chapitre, comme si se positionner lui faisait risquer un affrontement perdu d’avance. Alors à quoi bon essayer… L’image qu’on lui renvoyait, malgré ses 50 ans révolus, était celle de la petite dernière qui sait – et qui saura toujours – moins que les autres.

Alors elle avait laissé courir, pendant des années, en restant effacée.

L’élan vers plus d’authenticité

Un mouvement intérieur la poussait vers plus d’authenticité, plus de justesse. Hélène sentait que l’heure était venue pour elle de dépasser ce sentiment d’infériorité imposé par ses proches. Cet élan montait en elle. Pourtant, cette sensation d’illégitimité l’empêchait d’être elle-même, simplement, sereinement.

Hélène est la benjamine d’une famille de 7 enfants, la seule fille. Ses frères l’ont toujours traitée comme “la petite”, celle qu’on jugeait moins capable. On imagine sans mal combien il est difficile de se faire une place dans un tel contexte.

Lorsqu’on grandit avec l’idée que les autres savent mieux et valent plus, on finit par le croire. L’enfant se construit à travers le regard de ses proches. C’est là que naissent les croyances profondes qui, des années plus tard, continuent d’influencer la confiance en soi et la capacité à s’affirmer.

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Transformer les liens, sans couper l’amour

Après quelques années d’introspection, Hélène avait pris conscience qu’il était possible de dépasser cette limite qui se fissurait déjà. Cette fois, elle était décidée à se libérer de cette place de “petite-dernière”, à sortir de ce rôle et à s’autoriser à être elle-même, avec ses différences.

Elle était prête. Elle savait que c’était possible.

Je l’ai donc accompagnée afin qu’elle transforme ces liens qui la faisaient souffrir, avec chacun des membres de la famille qui l’avaient maintenue sur ce strapontin. Pour qu’elle prenne, enfin, la place qui lui revenait vraiment.

Bien sûr, on ne coupe jamais un lien d’amour. Sauf dans des cas très rares où la relation est totalement toxique, les liens familiaux sont mêlés de positif et de négatif. En séance, on symbolise alors un lien qui ne porte que les aspects pesants, douloureux, et c’est sur celui-là qu’on travaille – quand la personne est prête, à son rythme, de la façon la plus juste pour elle. On ne force rien. On laisse émerger naturellement pour faire éclore et grandir l’estime de soi.

Ensuite, nous avons doucement déconstruit le conditionnement plus large accumulé au fil des années. Hélène a pu se détacher de cette image d’elle-même qu’on lui avait collée depuis si longtemps.

Oser, pas à pas

Au fur et à mesure, Hélène a senti une force grandir en elle. À chaque étape, elle a osé un peu plus, craignant de moins en moins la réaction des autres.

Chaque pas lui a donné confiance pour le suivant.

Aujourd’hui, Hélène ne s’efface plus. Elle est là. À sa juste place.